Stéphane EVERLÉ

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Fissures de sècheresse ou structurelle

Deux types de fissures, deux enjeux très différents

Votre maison présente des fissures et vous ne savez pas si elles viennent de la sécheresse ou d’un problème de structure ? Ces deux situations ont des conséquences très différentes – sur la procédure à suivre, sur l’indemnisation possible, et sur les travaux à engager.

Attention - Se tromper de diagnostic peut coûter très cher

Une fissure de sécheresse mal identifiée comme structurelle peut mener à des travaux inutiles. A l’inverse, une fissure structurelle ignorée peut compromettre la solidité de votre maison. L’enjeu financier et sécuritaire est réel.

Ce que sont réellement les deux types de fissures

La fissure de sécheresse : une réaction du sol, pas du bâtiment

Dans le Puy-de-Dôme, les sols argileux de la plaine de la Limagne sont particulièrement sensibles au phénomène de retrait-gonflement. En période de sécheresse, l’argile perd son eau, se contracte, et provoque un mouvement différentiel des fondations c’est-à-dire que certaines parties de la maison descendent plus que d’autres.

 

Résultat : les murs se fissurent.

Ce type de fissure est directement lié à un épisode climatique reconnu et potentiellement indemnisable via la garantie catastrophe naturelle de votre assurance habitation sous conditions de parution d’un arrêté de catastrophe naturelle. C’est là que commence la procédure d’indemnisation sécheresse.

Faites tout par écrit.

Une fissure structurelle vient de la maison elle-même. Elle peut être liée à un défaut de conception des fondations, à une malfaçon lors de la construction, à un vice caché, à une surcharge, ou encore à un problème de drainage chronique autour de la maison. Elle relève alors d’une autre procédure : la garantie décennale, la garantie dommage-ouvrage, ou un recours contre le constructeur.

Les indices visuels : ce que vous pouvez observer

Certains éléments peuvent vous orienter. Ils ne remplacent pas un diagnostic, mais ils vous permettent d’avoir une première lecture de la situation avant de contacter un expert.

Indices évocateurs d'une fissure de sécheresse

Les fissures sont apparues ou se sont aggravées après un été particulièrement sec (étés 2018, 2019, 2022, 2023 dans le 63)

Leur évolution est saisonnière : elles s’ouvrent l’été, se referment (partiellement) l’hiver

Plusieurs fissures apparaissent simultanément à différents endroits de la maison

Des portes ou fenêtres qui frottent en été, et se remettent à fonctionner en hiver

Le sol autour de la maison est fissuré ou craquelé en période sèche

Vos voisins ont le même problème au même moment

La maison est construite sur un terrain argileux de la Limagne (Clermont-Ferrand, Riom, Issoire, Pont-du-Château…)

Indices évocateurs d'une fissure structurelle

Les fissures ne suivent pas de saisonnalité : elles progressent de façon continue, indépendamment de la météo

Affaissement ou déformation des dalles ou dallage

Des désordres similaires existaient avant les grandes sécheresses récentes

La maison n’est pas sur sol argileux reconnu, mais présente quand même des fissures évolutives

Un réseau d’eau (canalisation, fosse septique) fuit à proximité depuis longtemps

La réalité de terrain dans le Puy-de-Dôme

Dans la pratique, je rencontre souvent des situations mixtes : une sécheresse qui révèle ou aggrave une fragilité structurelle existante. Ces cas sont les plus complexes à diagnostiquer.

L’expert d’assurance, aura tendance à minimiser les investigations et les réparations.

L’expert d’assuré, lui, est là pour obtenir toutes les investigations nécessaires et une réparation pérenne.

Il défend vos intérêts et pas ceux de la compagnie

Pourquoi la distinction est si difficile à faire seul

Les fissures ne se classent pas facilement. Plusieurs facteurs rendent le diagnostic complexe. Il n’est pas à la portée d’un non-sachant.

Les formes de fissures ne sont pas toujours parlantes

Une fissure en escalier suit les joints de maçonnerie, elle est souvent associée à la sécheresse, mais peut aussi indiquer un tassement différentiel d’origine constructive. Une fissure oblique en angle de baie peut signaler une sécheresse… ou un manque de ferraillage. Une fissure horizontale peut aussi venir d’un sol gonflant après réhydratation ou d’une poussée des terres en sous-sol. La forme seule ne suffit pas.

Quand la maison à -t-elle été construite ? Par qui ? Comment ?Quand avez-vous acheté ? Y avait-il déjà des fissures lors de la vente ? Des travaux d’extension ont-ils été réalisés ? Le terrain a-t-il été remblayé ? Ces informations sont décisives dans le diagnostic et souvent difficiles à retracer sans expertise.

Lors de la première réunion d’expertise, l’expert mandaté par votre assurance cherchera à établir le rapport entre vos fissures et une cause étrangère qui conduit à une exclusion de la garantie sécheresse.
Il n’est pas là pour défendre vos intérêts. La cause étrangère peut être un défaut  structurel, qui peut conduire à un refus ou une minoration, elle sera relevée. Si la sécheresse est retenue mais que le mode opératoire est sous-dimensionné ou inapproprié, vous n’aurez personne pour le contester – sauf si vous êtes accompagné par votre propre expert. 

Ce que change la présence d'un expert d'assuré lors de la première expertise

Il s’assure que rien n’est omis : fissures en façade, désordres intérieurs, dallage

Il pose les bonnes questions à l’expert d’assurance. Obligeant ce dernier à documenter les désordres avec rigueur et méthode

Il conteste en temps réel les conclusions inexactes.

Il prépare le terrain pour la suite : étude de sol approprié (et non une étude à l’économie)

Ce que comprend un vrai diagnostic de fissures à Clermont-Ferrand

Un diagnostic sérieux ne se résume pas à « regarder les fissures ». Il s’appuie sur une méthode, une reconnaissance sur le terrain, des investigations, et une lecture croisée des résultats.

L'observation visuelle et documentaire

La visite commence par une inspection complète : extérieur, intérieur, sous-sol si existant, combles accessibles. On relève chaque fissure, on mesure, on photographie, on date. On croise avec l’historique climatique local données Météo-France, arrêtés CAT NAT du Puy-de-Dôme et avec ce que sait l’occupant de la maison.

On analyse l’acte de vente, la notice descriptive, les plans et les éventuels devis et factures.

Dans le Puy-de-Dôme, la géologie est un facteur déterminant. Les sols argileux de la Limagne (smectites, montmorillonites) réagissent fortement aux variations hydriques. Savoir que telle commune de l’agglomération clermontoise est en zone d’aléa fort ou très fort au retrait-gonflement argileux (RGA) oriente immédiatement le diagnostic. C’est une connaissance locale que je maîtrise depuis plus de 30 ans.

Les cartes du BRGM ne sont pas toujours fiables

L’observation visuelle permet d’établir des hypothèses. Mais elle ne permet pas de conclure de façon certaine sur l’origine argileuse (RGA) des désordres. Pour aller plus loin, une étude de sol (G5 et G2) et une étude structurelle réalisé par un bureau d’étude technique (BET) indépendant sont nécessaires. Ce sont précisément ces études que je réclame à votre assureur dans le cadre de la procédure d’indemnisation sécheresse.

Quand me contacter et ne pas attendre pour le faire

Dès l’apparition des fissures

Plus vous intervenez tôt, plus le diagnostic est facile à établir. Il est plus facile d’établir un lien causal entre sécheresse et fissures récentes : la concomitance. Passé un certain délai, la prescription peut jouer contre vous.

La Déclaration à votre assureur

En sécheresse, vous devez attendre la parution de l’arrêté de catastrophe naturelle.
L’apparition des désordres doit correspondre aux périodes couvertes par l’arrêté.
Hors période (avant ou après) vous ne serez pas indemnisé/pris en charge.

“ Tout ce que vous pourrez déclarer sera retenu contre vous ” comme dans les films américains.

En clair, tous ceux qui ont déclaré des désordres en 2015 à leur assureur n’ont jamais été pris en charge faute de période (2015) couverte par un arrêté.

Faites tout par écrit et n’oubliez rien : murs et sols de la main et dépendances

Garder une copie de votre déclaration.
La majorité des assureurs / des cabinets vont vous demander de remplir une fiche de renseignement “Attention à ce que vous allez écrire !

La première réunion d’expertise avec l’expert d’assurance

C’est le moment le plus important. Cette réunion conditionne l’ensemble de la procédure d’indemnisation. L’expert d’assurance y établit ses conclusions préliminaires. Si vous n’êtes pas assisté, vous subissez sans pouvoir contester. Si vous l’êtes, vous êtes à armes égales.
C’est le principe du “contradictoire”.

Si vous avez déjà reçu une proposition que vous jugez insuffisante

Il n’est jamais trop tard sous réserve des délais de prescription, pour reprendre le dossier, demander une contre-expertise ou engager un recours. J’ai aidé de nombreux sinistrés dans le 63 à obtenir une révision substantielle de leur indemnisation en vue d’une réparation pérenne.

Votre maison est fissurée ? Impossible de faire la distinction seul ?

Stéphane Everlé

Expert en bâtiment indépendant, certifié OFIB

Questions fréquentes

Comment savoir si ma fissure est liée à la sécheresse ou à un problème structurel ?

Sans diagnostic professionnel, il est très difficile de trancher avec certitude. Les indicateurs : saisonnalité de la fissure, corrélation avec un été sec, sol argileux reconnu, apparition simultanée sur plusieurs murs. Mais ces indices ne sont pas suffisants seuls. Ils nécessitent des investigations.
Un expert en bâtiment indépendant est le seul à pouvoir définir ces investigations et poser un diagnostic fiable consécutif.

Non. Pour être indemnisée, la fissure doit être causée par un épisode de sécheresse ayant fait l’objet d’un arrêté de catastrophe naturelle pour votre commune.

 

La corrélation entre l’épisode climatique et vos désordres doit être établie: la sécheresse doit être DÉTERMINANTE. C’est tout l’enjeu de la procédure d’expertise, et c’est pourquoi être assisté par un expert d’assuré change radicalement l’issue de votre dossier.

Oui, et c’est un cas très fréquent dans le Puy-de-Dôme. Une maison fragilisée par un défaut de fondation peut « tenir » pendant des années, et c’est la sécheresse qui précipite l’apparition des fissures visibles.

Dans ce cas, la distinction est particulièrement délicate : les deux origines sont liées, et le dossier d’indemnisation doit être préparé avec soin pour ne pas laisser l’assureur s’appuyer sur la fragilité structurelle pour refuser sa garantie.

Oui. Je réalise des diagnostics indépendants en dehors de toute procédure d’assurance. Cette démarche peut être utile pour comprendre la nature de vos désordres et anticiper une procédure future.

J’interviens sur l’ensemble du Puy-de-Dôme (63) : Clermont-Ferrand, Riom, Issoire, Thiers, Ambert, Pont-du-Château, Cournon, Aubière, Beaumont, Pérignat, Gerzat, et toutes les communes du département. Je n’interviens pas hors du 63.